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Historia Basi

le texte de Wojciech Prus OP

Basia avait 31 ans. Elle est morte le 29 juin 2008, au jour de la solennité des saints apôtres Pierre et Paul. Un jour avant je suis allé la voir avec son mari. Elle était alors inconsciente. Depuis un mois - sauf une courte interruption - elle respirait a l’aide d’un respirateur. Elle ne pouvait pas parler. Michel m’a montré une feuille de papier a l’aide de laquelle ils communiquaient. Des phrases courtes dévoilaient sa lutte contre la souffrance, son effort pour écrire de maniere droite les lettres qui descendaient vers le bas. Parfois elle manquait de force pour écrire. Michel a inventé pour elle un « clavier » qu’il a dessiné sur une feuille de papier pour qu’elle puisse, en tapant sur des lettres, exprimer ce qu’elle souhaitait.

Ils étaient mariés depuis 2000. Nous avons fait connaissance durant la retraite spirituelle d’Avent de l’Association Soli Deo, formée des diplômés de la Haute Ecole de Commerce de Varsovie. Apres nous nous sommes rencontrés a l’occasion des retraites et débats. Le manque d’enfants était un des éléments douloureux de leur histoire. L’idée de l’adoption a commencé a murir dans leurs esprits. En automne 2004 ils se sont inscrits au cours de préparation a l’adoption. Avant de le commencer, ils ont fait un pélerinage a Rome. Quelle joie énorme ont eu leurs amis quand Basia et Michel avaient annoncé, en décembre, que Basia était enceinte

Et ensuite quelque chose de plus imprévue encore est arrivée. Dans mes notes j’ai écrit : le 21 janvier 2005 - "Basia et Michel Paradowski apprennent que Basia est atteinte d’un cancer. Aujourd’hui nous nous rencontrons et prions. L’onction des malades et la priere a la Sainte-Marie Gidelska." Et tout de suite une deuxieme note répetant cette information dramatique, comme si je n’arrivais pas a croire en ce qui s’était passé. "Le 23 octobre 2005 - A 16h, une messe pour les couples attendant un enfant. La bénédiction des couples a la fin de la messe. La rencontre avec les membres de l’Association Soli Deo; Basia et Michel Paradowski - il s’avere qu’elle est atteinte d’un cancer. Au moment ou elle est enceinte. Beaucoup de prieres."

Le médecin qui a diagnostiqué le cancer a suggéré l’avortement pour assurer une meilleure efficacité du traitement. Basia et Michel se sont trouvés face a un choix incroyable. La lutte a commencé. Ils étaient entourés par l’amour et la priere de leurs amis. Le cercle de la priere s’agrandissait chaque jour. Ils ont trouvé une femme médecin qui a accepté de traiter Basia enceinte. La chimiothérapie a commencé. Mateusz est né en bonne santé. A la veille de la mort de Basia, il avait deux ans.

Peu avant la mort de Basia, en allant en train de Varsovie a Poznan, je l’ai appelée pour lui demander comment elle se sentait. Elle m’a parlé de la lutte qu’ils menaient ensemble, avec les rechutes successives de la maladie, elle citait des anectodes joyeuses concernant Mateusz. J’ai demandé si elle pouvait peut-etre écrire quelque chose sur leur lutte. Le onze mai, j’ai reçu le e-mail: "J’ai écris quelque chose en forme de reflexions sur les Mysteres Douloureux en relation avec notre vie quotidienne. Je ne sais pas si cela va etre bon, Pere – vous le verrez vous-meme. C’est personnelle mais je ne peux pas écrire de façon impersonnelle. Je vous envoie mes salutations du front de la lutte continuelle. Basia."

Tout juste apres son anniversaire, le 22 mai Basia est entrée a l’hôpital a cause d’une sérieuse insuffisance respiratoire. C’était encore un front de la guerre. Elle était entourée par la solicitude de ses proches, docteurs, personnel médical. Elle pouvait meme respirer seule pour un moment. C’est alors que Michel lui a rendu visite avec Mateusz, qui tout content s’est assis sur le lit de sa mere. Peu apres Michel m’a informé que l’organisme de Basia ne réagissait plus a aucun médicament.

Au cimetiere de Służew, a coté de l’église de Saint Catherine, nous récitions le rosaire pratiquemment tout le temps: en attendant les autres venir, quand le convoi funebre partait vers la tombe, en jettant de la terre sur le cercueil. Sous le ciel nuageux de Varsovie on pouvait entendre "Je vous salue Marie", régulier et plein de force. C’était sa priere – le rosaire de Basia.

WOJCIECH PRUS OP
"Le rosaire de Basia"

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